ce n'est pas ma spécialité, mais j'avais envie de tester cet exercice que je n'avais pas pratiqué depuis la fac... soyez indulgents, je ne me suis pas relue pour préserver l'effet d'instantané...

Pourquoi je ne trouve pas le sommeil ? Je n'en sais rien...
Peut-être est-ce le sommeil qui ne veut plus de moi, ou simplement moi qui refuse de m'abandonner dans le néant, tomber dans l'incontrôlable...
Et cette nuit moite et chaude qui revient oppressante obsédante tous les soirs nous imposer le repos... C'est un combat perdu d'avance et pourtant je refuse de capituler sans lutter contre cet abandon inutile qui n'est rien d'autre qu'une perte de temps.

Je m'ennuie. Tout le monde dort. Il dort. Il dort d'un sommeil lourd et profond que même mes cent pas sur le parquet n'iraient perturber. Suis-je la seule a être éveillée et à porter sur le monde endormi un regard lourd de fatigue et d'ennui ?
Mais bon sang c'est quoi cette vie, c'est quoi ce monde ?
On m'assure que la planète est vaste, que l'univers est sans fin, mais je reste cloîtrée dans un monde minuscule où le quotidien finit par m'étouffer. J'ai la claustrophobie du quotidien dans lequel on m'a enfermée. Je me sens prisonnière de ma propre vie et je ne trouve aucune issue de secours qui ne ferait de la peine à qui que ce soit, moi comprise.

Et cette nuit lourde et envoutante qui me susurre de me laisser emporter lutte contre ma propre raison.
Mes paupières me font faux bond et on cerveau embrumé ne pense qu'en mode automatique. Même mes mots sont captifs, mon expression n'arrive plus à se libérer de ce carcan de banalité que j'ingurgite
journellement
. Ma muse est étranglée dans un coin, elle ne me sert plus à rien... D'ailleurs a-t-elle jamais existé ?
Comment ai-je pu en arriver là ?
Comment ai-je pu me laisser sciemment enfermer ?
Rendez-moi ma liberté, laissez-moi parcourir le vaste monde et retrouver la prose et les vers que j'ai perdu en tombant dans le piège de la société, de ce qu'on a voulu faire de moi mais qui ne me ressemble pas...

Peut-être que le vaste monde n'existe pas, ce n'est qu'une illusion que l'on a créé pour que les rêveurs puissent respirer... Mais si je voyais le monde ne serais-je pas déçue de ne plus rien avoir à découvrir ?

A-t-on assez d'une vie pour tout voir, voir le monde en entier ?
A-t-on assez d'une vie pour entendre toutes les musiques, lire tous les livres ?

Mais pourquoi refuse-t-il de m'emmener, de voir ce monde, de parcourir la planète ? Comment peut-il se contenter de rester posé là ?
C'est comme s'il m'avait attachée aux mêmes fils qui le retiennent dans ce petit coin de terre où il ne se passe jamais rien, où l'on ne vit jamais rien, où je ne serai jamais rien...

Je m'en veux d'avoir moi aussi lié ma plume, l'avoir empêché de laisser divaguer ainsi mon esprit et mon âme pendant ces années...

Ô nuit voilà un bien triste bilan. Et pourtant tout mon corps crie qu'il veut vivre autre chose, que le bonheur est possible... Mais quand, où, comment ?  Est-ce mieux ailleurs dans ces grandes villes où tout le  monde se presse, bouge, mais vit ?  Car ici tout meurt, l'exode est commencé et je ne veux pas être la dernière sur mon rocher. J'ai envie de mieux, je mérite mieux et pourtant... Mon cœur est arrimé à l'ancre de son cœur et je ne sais que décider... Lutter contre sa raison, sa religion, son éducation où se laisser aller dans ses désirs ? Je ne sais plus ce que je veux où ce que l'on attend de moi, ma raison s'embrouille avec mes désirs et je ne sais où en sont mes sentiments et mes envies...


Eh bien....

Allons nous coucher !